Guides Techniques
Sécurité ATEX

Classification des zones ATEX : guide pratique

Ce que sont les zones 0, 1, 2 (et 20, 21, 22), ce qu'exige le Code du travail français, et pourquoi le document relatif à la protection contre les explosions n'est pas une formalité — c'est ce qui protège réellement vos salariés.

7 min de lecture Mis à jour août 2026

Une atmosphère explosive (ATEX) se forme lorsque des substances inflammables — gaz, vapeurs, brouillards ou poussières combustibles — se mélangent à l'air dans des proportions telles qu'une simple source d'inflammation, parfois minime, peut déclencher une explosion. Dans une usine française, comprendre et classer correctement ces zones n'est pas un exercice théorique : c'est la base sur laquelle repose toute la sécurité des salariés qui y travaillent.

Le cadre réglementaire français

En France, les obligations relatives au risque d'explosion sont fixées par le Code du travail, notamment aux articles R. 4227-42 et suivants, qui transposent la directive européenne 1999/92/CE (dite « ATEX utilisateur »). L'employeur doit évaluer les risques d'explosion, classer les emplacements en zones, et rédiger un document relatif à la protection contre les explosions (DRPCE). L'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) publie des guides techniques de référence largement utilisés par les professionnels pour appliquer concrètement ces exigences.

Les six zones ATEX

La classification distingue les zones à risque de gaz/vapeurs de celles à risque de poussières combustibles :

ZoneTypeFréquence de présence
Zone 0Gaz / vapeursEn permanence ou très fréquemment
Zone 1Gaz / vapeursOccasionnellement en fonctionnement normal
Zone 2Gaz / vapeursRarement et brièvement
Zone 20Poussières combustiblesEn permanence ou très fréquemment
Zone 21Poussières combustiblesOccasionnellement en fonctionnement normal
Zone 22Poussières combustiblesRarement et brièvement

Le document relatif à la protection contre les explosions

Ce document doit démontrer que les risques d'explosion ont été identifiés et évalués, que des mesures adéquates ont été prises, que les emplacements ont été classés en zones, et que les lieux et équipements de travail satisfont aux prescriptions minimales du Code du travail. Il doit être élaboré avant le début du travail et tenu à jour à chaque modification significative.

Attention

Ce document s'articule avec le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUER), obligatoire pour toute entreprise. Le risque ATEX doit y être intégré, pas traité comme un dossier séparé et déconnecté.

ATEX et ICPE : deux régimes qui se recoupent

De nombreux sites industriels français relevant du risque ATEX sont également soumis au régime des Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE), sous le contrôle de la DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement). Ce sont deux logiques distinctes — sécurité des travailleurs pour l'ATEX, protection de l'environnement et des tiers pour l'ICPE — mais qui portent souvent sur les mêmes installations et nécessitent une coordination documentaire réelle.

Erreurs fréquentes

  • Confondre la classification ATEX et le classement ICPE, en pensant qu'être en règle pour l'un dispense de l'autre.
  • Ne pas mettre à jour le document après une modification du procédé, de l'installation ou de l'organisation du travail.
  • Négliger la formation du personnel intervenant en zone classée — une obligation à part entière, pas une option.
  • Sous-traiter sans vérification : faire réaliser l'évaluation par un prestataire sans que l'employeur ne s'approprie réellement le contenu du document.

Questions fréquentes

Qui est responsable de la classification des zones ATEX dans une usine française ?

L'employeur est responsable, en tant que garant de la sécurité de ses salariés au titre du Code du travail. Dans la pratique, cette évaluation est le plus souvent confiée à un bureau d'études ou un consultant qualifié en sécurité ATEX, mais la responsabilité juridique finale reste celle de l'employeur.

Le document relatif à la protection contre les explosions est-il obligatoire pour toute entreprise ?

Il est obligatoire uniquement pour les établissements présentant des zones à risque d'explosion classées, telles que définies par l'évaluation des risques prévue par le Code du travail. Une entreprise sans atmosphère explosive n'a pas cette obligation, mais doit néanmoins documenter l'analyse qui l'exclut.

Quelle différence entre une ICPE soumise à autorisation et une zone ATEX ?

Ce sont deux régimes distincts qui peuvent se recouper. Le classement ICPE dépend de la nature et de la quantité de substances présentes sur le site, sous le contrôle de la DREAL. La classification ATEX porte spécifiquement sur le risque d'explosion en milieu de travail. Un site peut relever des deux régimes simultanément.

À quelle fréquence faut-il mettre à jour le document relatif à la protection contre les explosions ?

Il n'existe pas de périodicité légale fixe unique : il doit être révisé à chaque modification significative du lieu de travail, des équipements de travail ou de l'organisation du travail, et sa pertinence doit être vérifiée régulièrement dans le cadre du document unique d'évaluation des risques (DUER).